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L'école des professionnels en gestion & développement international

    GUERRA Sylvie

    Tous les intervenants
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    Madame
    Guerra
    Sylvie
    Formatrice en management
    Intervenant externe

    Quand on m’a confié la tâche d’enseigner le management, je me suis mise à la place de ces jeunes qui se situent entre 20 et 27 ans à savoir comment j’aimerais que l’on m’enseigne cette discipline. J’ai en face de moi cette nouvelle génération appelée Z comme zappeur. Moi je dirais génération C comme connectée. Ils ont besoin de co-créer, sont en quête d’authenticité, de liberté, de lien social. L’enseignement classique avec des cours magistraux, c’est fini et ne correspond plus au modèle d’éducation de notre société. Les écoles qui comprennent cet enjeu sont dans le mouvement et préparent les jeunes pour les nouvelles organisations comme les starts up, les entreprises libérées.

    Dès le 1er jour, je mets l’apprenant en gestion de projet donc avec un fil conducteur. Le management commence « ici et maintenant » avec le management par objectif (le projet), le management collaboratif (savoir travailler avec les autres) et le management par la confiance (management de soi-même). Si je reviens sur le management par objectif, il existe une pédagogie par objectif. Celle-ci découpe l'objectif pédagogique à atteindre en une succession d'objectifs que l'apprenant doit réaliser pour réussir à maîtriser un ensemble complexe de savoirs et de savoir-faire.

    Par cette vision pédagogique, je développe leur autonomie face à leur propre apprentissage et leur responsabilité face au groupe. Kurt Lewin avait démontré dans ses travaux sur la dynamique des groupes que le type de leader le plus efficace est le leader démocratique. Ainsi, rien est imposé par la contrainte mais appuyé sur le consentement des apprenants. Je suis quelques fois face à des résistances, des croyances limitantes de leur part et donc face à un réel qui résiste. Mais mon métier de coach est une clé qui me permet de débloquer ces freins.

    Je pars donc du désir de l’apprenant, ce qui l’intéresse et je lui fait des propositions de sujets à explorer. Je suis plus une personne ressource qu’une enseignante… quoique ! Ainsi, l’apprenant travaille de manière individuelle pour favoriser sa créativité puis en groupe restreint pour lui apprendre à partager et à s’installer dans un esprit de travail en collaboratif. Je lui donne ainsi le choix de travailler sur un thème qu’il a choisi et avec des personnes qu’il a également choisies. C’est lui qui a la main sur le développement de ses compétences. Je leur apprends à apprendre. Ces jeunes qui arrivent sont des makeurs, des fabricants, et je leur propose de fabriquer leur enseignement sur le management avec une méthodologie bien adaptée et basée en psychologie positive.

    Dans le management, il y a surtout un savoir être à explorer, des compétences comportementales. La logique veut je leur propose de réfléchir sur les différentes inspirations du management, sur les différentes disciplines qui alimentent sa capacité managériale comme la philosophie, l’histoire, la sociologie, l’éthologie, etc. Et là, c’est la culture générale qui joue son rôle déterminant. Il faut remettre les humanités dans les écoles de management et dans l’entreprise. J’avoue que c’est ma plus grande difficulté à leur ouvrir cette voie sur le monde.

    Comme je fais de la recherche en management, je leur propose de comprendre pourquoi les grands groupes s’inspirent aujourd’hui de la règle de Saint Benoit, dictée dans les monastères 530 après JC, dans leur vision managériale. C’est un sujet qui me passionne. Comme c’est du religieux, il y a de leur part un rejet. Pour eux le religieux n’a rien à voir avec le management, alors que c’est un des grands enjeux de management dans les organisations. Mais étudier la règle de Saint Benoit, la transposer dans la philosophie managériale de nos jours, c’est au-delà du religieux, c’est réfléchir à la spiritualité dans le management et c’est aussi un des enjeux fondamentaux pour les entreprises. Mais c’est surtout leur apprendre à être plus souple, plus agile. Le leadership spirituel va prendre de plus en plus d’ampleur. Leur apprendre d’avoir un coup d’avance sur le management, c’est leur apprendre que le management c’est une science en lien avec la prospective !